Le Vin des Alpes, la cave comptoir de Grenoble

Trois découvertes, trois pays.

Parmi les nouveautés en rayon, trois découvertes de trois pays différents. Allez, un, deux, trois !

Un souhait que j’avais depuis longtemps, mettre en rayon des cuvées du domaine de la Pépière de Marc Ollivier situé au bord de la Maine au sud-est de Nantes. C’est chose faite avec deux muscadets de haut vol, dont un cru Clisson, le plus méridional de l’appellation, qui vous surprendra par sa classe et son toucher généreux. Mais mon chouchou, c’est la Cuvée Granit 2014. Vous êtes perspicaces, vous l’aviez deviné : les vignes poussent sur des sols granitiques (note pour nos lecteurs grenoblois : comme ceux qu’on trouve dans le massif de Belledonne par exemple). Mais en plus, c’est un vin rouge ! Un vin rouge de la région du muscadet, hé oui, gai, accrocheur et revigorant, issu d’un assemblage de cabernet franc, cabernet sauvignon, merlot, et côt (appelé malbec en Argentine, lol). Pour toutes situations d’apéro décontracté, avec charcuteries, fromages, et même salade de lentilles. Surtout avec salade de lentilles.
prix A

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Deuxième découverte : ce n’est pas une découverte à proprement parler car j’avais déjà goûté ce vin il y a un an sur le millésime 2013 mais les quantités sont tellement limitées que je n’avais pas pu en avoir, ayant tardé de quelques heures à envoyer ma commande. J’ai été plus réactif cette année, j’ai eu droit à quelques bouteilles. Le vin s’appelle Supersónico, pas étonnant qu’il faille être rapide. Ce vin est issu de très vieilles vignes de grenache dans la région de Saragosse en Aragon, cultivées en bio. Mais il fallait aussi l’imagination et l’énergie de Fernando Mora et Mario Lopez associés dans la société The Garage Wine pour faire le choix d’une vinification non interventionniste afin de laisser s’exprimer le raisin : pas d’irrigation, des rendements faibles, levures indigènes, foulage au pied, pas de contrôle des températures, ni collage, ni filtrage, élevage court en fûts de 300 litres, doses minimalistes de SO2. Et quand on a ce genre de résultat dans le verre, il est difficile de bouder son plaisir. Quelle explosion de fruit et d’épices ! Quelle sensation de légèreté enrobée de puissance et d’énergie ! 3 890 bouteilles produites sur le millésime 2014. A découvrir aussi la version « de soif » Botijo Rojo 2014 de la même maison aussi en pur « garnacha », et l’étonnant blanc Telescópico 2013 issu d’un assemblage de grenache blanc, maccabeu, viognier et goldello, conçu dans la même gamme que Supersónico et en quantités encore plus limitées.
prix B

La troisième découverte, c’est celle de l’Amérique. Pas la Californie, mais l’Oregon, qui fournit à peine 1 % du vin américain. Et pourtant c’est le berceau des meilleurs pinots noirs d’Amérique du Nord. En artisan inspiré par la biodynamie autant que par les pratiques vinicoles de l’ancien monde, Jay Somers produit dans la vallée de Willamette des pinots noirs de grande distinction. Son modèle : le 1er cru Les Amoureuses à Chambolle-Musigny. La cuvée J. Christopher Willamette Valley 2013 est issue d’assemblage de raisins de quelques producteurs des zones de Dundee Hills, Chehalem Mountains, et Eola-Hamity Hills, majoritairement composées de sols basaltiques. Jay Somers travaille en étroite collaboration avec son associé Ernst Loosen, le vinificateur de la prestigieuse Weingut Dr. Loosen en Moselle allemande. Son credo, qui trouve ses racines dans sa compréhension des vins de Bourgogne : « favoriser les arômes et la texture plutôt que l’explosion du fruit et l’acidité plutôt que la souplesse ». Ce qui passe entre autres par le refus de l’irrigation dans la vigne, et le choix de fermentations longues au chai. Dans le verre, on se trouve face à un vin d’une complexité et d’un classicisme étonnants, doté cependant d’une belle énergie. L’équilibre est vraiment bien trouvé entre le fruit, la terre et le bois. Une très belle découverte.
prix C

fourchettes de prix
A : – de 10 €
B : 10 à 25 €
C : 25 à 40 €
D : + de 40 €

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