Le Vin des Alpes, la cave comptoir de Grenoble

Le domaine du mois : Tenute Sella à Lessona (Haut-Piémont)

  • Bramaterra 2008
  • Coste della Sesia Orbello 2010
  • Coste della Sesia Doranda 2011

Le vignoble de Bramaterra revient de loin. Classé depuis 1979 en DOC (l’équivalent italien de nos traditionnelles AOC, aujourd’hui AOP), il ne compte que 16 hectares de vignes cultivés sur un potentiel de 33 hectares. Pourtant, c’est une des grandes terres viticoles italiennes, renommée dès le 13ème siècle. La famille Sella investit ici dans la vigne en 1671.

cuve bois à la Tenute Sella

En 1870 Quintino Sella, financier et homme d’Etat, partisan de l’unification de l’Italie, scientifique, et fondateur du Club Alpin Italien, avait porté un toast au premier gouvernement de l’Italie unifiée un verre de Lessona à la main.

Comme Lessona, appellation voisine et cousine, Bramaterra produit un vin rouge majoritairement issu du nebbiolo, le grand cépage piémontais. Pourtant, ces vignobles ont manqué disparaître, dévastés par le phylloxera, gagnés par la forêt et la déprise agricole. Il y a 150 ans, le vignoble haut-piémontais comptait 40 000 hectares. On en totalise 2 000 ha aujourd’hui.

Cristiano Garella, le jeune régisseur du domaine Sella, travaille la vigne avec un soin méticuleux, connaît la géologie de la région comme sa poche, et vinifie en véritable artisan. Il fait partie de ceux qui oeuvrent à la reconquête de la vigne et au renouveau des vins de qualité dans cette région*. Les vignes, sur des sols variés de porphyres rouges, de sables granitiques, d’argile, suivent les pentes contournées des premiers contreforts alpins orientés sud et sud-est entre 270 et 400 mètres d’altitude.

le bramaterra 2008 se tient très bien en dégustation

le bramaterra 2008 se tient très bien à table

Dans la cuvée Bramaterra 2008 le nebbiolo est complété par 20 % de croatina 10 % de vespolino, deux cépages autochtones du Haut Piémont. L’élevage en fûts de 1000 litres a duré 28 mois, puis le vin a été mis en bouteilles le 15 mars 2012, pour être précis. 5 000 bouteilles ont été produites. Le mot qui résume sans conteste la dégustation, c’est « élégance » : robe grenat claire, au nez, fruits rouges (fraise) et fleurs parfumées, avec une touche mentholée/camphrée, la bouche est d’une grande classe, avec un bel équilibre entre fuit , acidité, et tannins délicats en finale. La longueur en bouche est impressionnante par sa fraîcheur aérienne. Du travail d’artisan.

En dégustation avec Cristiano Garella et Luca Monteiller

en dégustation avec Cristiano Garella et Luca Monteiller

Une version plus abordable, fruitée et souple, qui permet une première approche des vins de la région, à déguster sans façon avec tout type de repas : Orbello 2010 en appellation régionale Coste della Sesia. L’assemblage de cépages, les mêmes qu’en bramaterra mais avec la barbera et un peu de cabernet-sauvignon, lui confère un nez très parfumé et un caractère assez surprenant pour un vin de ce niveau de prix. Après tout, il bénéficie du même soin à la vigne et au chai que le bramaterra et les sols sont tout à fait similaires. La version en blanc dans l’appellation Coste della Sesia : Doranda 2011. 100 % erbaluce, encore un cépage spécifiquement haut-piémontais, un joli nez de noisettes et d’herbes aromatiques, sur un bel équilibre gras/acide en bouche. Molto bello !

* Pour en savoir plus : blog.cavesa.ch et aussi www.vin-terre-net.com

  • Bramaterra 2008 – 23,50 €
  • Coste della Sesia Orbello 2010 – 11,50 €
  • Coste della Sesia Doranda 2011 – 13,00 €

Pour commander, contactez-moi.

2 Commentaires

  1. Cela donne en effet envie, à un prix assez abordable je vais me laisser tenute, euhh pardon me laisser « tenter » je pense 😉
    Avez vous un accord met-vin à conseiller sur le orbello ?

    • Orbello est un vin polyvalent et simple par sa souplesse et son fruité. Mais les notes de tête sur le balsamique et ses parfums floraux / herbacés sont assez délicats tout de même. Il faut chercher l’accord avec des plats similaires, qui associent simplicité et délicatesse. Ne pas oublier la contribution de la barbera, qui apporte sa vivacité, et l’équilibrer avec un peu de gras. Alors pourquoi pas tout simplement des charcuteries italiennes de qualité, y compris fumées, un plat de pasta avec tomates séchées et parmesan, ou alors une pizza faite maison avec une garniture de légumes frais accompagnés de tomates, d’olives et d’un peu d’anchois ? Bon, le mieux c’est d’essayer !

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